Joseph Kaspar Sattler ou la tentation de l'os
  • Éditeur: l`Atelier contemporain
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 9791092444285
  • Tags: fables, monographie, essai, biographie, textes,

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(BEAU LIVRE) Joseph Kaspar Sattler, venu de Munich en 1891 pour enseigner à l'École des Arts décoratifs de Strasbourg, dessine "Une Danse macabre moderne" : fantastique et violente, noire, satirique et burlesque, ces planches seront exposées, reproduites et commentées à Paris, Berlin et Londres, et seront vues et admirées par Alfred Jarry, Henri Graf Kessler et Edvard Munch, Sattler participant aux débuts du prestigieux magazine Pan, dont il réalise le poster. L'approche proposée ici est un processus en deux étapes : un commentaire littéraire (une série de 16 textes illustrant les dessins de Sattler) sur les 16 dessins de "Danse macabre moderne" (ces magnifiques planches, dont la finesse et la rotogravure pourraient suggérer qu'il s'agit d'une œuvre de gravure, sont reproduites pour la première fois), suivi par une étude axée sur le voyage créatif de Joseph Kaspar Sattler, issu des vicissitudes de l'histoire (premier livre sur cet artiste en français à être découvert) : Si son nom apparaît dans de nombreux livres et dictionnaires, les liens que Joseph KSattler a pu avoir avec les mouvements littéraires et artistiques de l'époque sont ici clarifiés et mis en perspective avec des revues aussi prestigieuses que Pan, la Revue blanche, La Plume, Le Mercure de France, qui à l'époque étaient ouvertes au travail de l'artiste et lui donnent une première notoriété. Assez pour donner corps à cet artiste, décrit comme un esprit troublé, "l'âme attirée autant par le monde sombre et troublant que par le côté terrifiant de la vie de l'homme".

Vincent Wackenheim

Vincent Wackenheim

Nationalité : France Né à : Strasbourg, 1959 Biographie : Vincent Wackenheim est un auteur français. Il a commencé comme libraire à Paris sous le nom Le Petit Zodiaque avant de faire carrière dans l'édition juridique (Editions Prat) tout en tentant sa chance comme auteur : son dernier roman, La Revanche des otaries, a été publié dans Le Dilettante en 2009. Il est directeur des Editions du Rocher. En tant qu'auteur, il a publié Le voyage en Allemagne, La perte d'une chance et Coucou. Ajouter des informations

Commentaires et critiques des lecteurs

18-03-2019

L'intérêt de faire sortir de l'oubli les créations illustrées vaut la peine, ce sont des œuvres peu connues, il est vrai que les grandes toiles sont aujourd'hui beaucoup plus accessibles que ces créations intimes d'éditions limitées. Joseph Kaspar Sattler est associé à Jugendstil, dont les peintures de Klimt, Schiele, Kokoshka sont connues. J'ai aussi beaucoup pensé à James Ensor, qui a écrit ce livre en deux parties : la première partie, "A Modern Macabre Dance", contient une série d'illustrations de Joseph Kaspar Sattler accompagnée d'un commentaire littéraire. On remarque la présence inquiétante du squelette, les illustrations, au nombre de 16, sont reproduites intégralement d'une édition ancienne. Le look ressemble à la gravure, l'ambiance est un peu morbide et surréaliste, il y a un lien avec la tradition des illustrateurs allemands, Dürer, Holbein... Chacun est accompagné d'un texte de description, ce texte est tout à fait neutre, n'impose pas une interprétation, mais nous fait voyager dans chaque dessin. Je trouve ce parti pris audacieux et juste, laissant place à notre propre imagination, loin de la lourdeur des interprétations symboliques trop fréquentes à mon goût dans les monographies. Cette façon de voir s'inscrit dans ma démarche graphique, ouverte et poétique, mais très attachée à l'illustration. La deuxième partie de ce livre, intitulée "Un esprit agité", replace cet ouvrage dans son contexte, sous ses aspects historique, technique, éditorial... sur sa vie, sa fréquentation, ses autres créations, son accueil public et critique, et sur le thème de la danse macabre. Il est très exhaustif, très bien documenté, digne d'une thèse universitaire. Cette deuxième partie, moins ludique, plus spécialisée, nous permet de revivre une œuvre qui mérite une certaine attention et qui pourrait maintenant être la référence pour rencontrer Joseph Kaspar Sattler, et je constate que la qualité technique de cette édition, tant en termes de reproduction, de mise en page que d'impression, fait aussi beaucoup pour apprécier cet artiste, j'ai reçu ce beau livre dans le cadre d'une opération de "Critical Mass", donc je remercie vivement les éditions "L'atelier contemporain", et confesse que ce cadeau me donne envie de connaître les œuvres qui composent sa collection.

17-03-2019

SBN : 97910929292929292444444444292Editions : L'Atelier Contemporain - François-Marie DeyrolleNous remercions les Editions François-Marie Deyrolle et le site qui, dans le cadre de l'opération "Masse critique", nous a envoyé un exemplaire de ce livre. Pour une exception qui, depuis près de treize ans, est la première, il n'y aura pas d'extraits d'un livre qui m'a tellement fasciné que je l'ai lu en deux jours. Il faut dire qu'il est difficile - c'est seulement mon avis, c'est encore vrai - de donner des extraits d'un livre consacré essentiellement à une impressionnante série de gravures sur le thème de la "Danse Macabre" du dessinateur, peintre, lithographe et certainement poète Joseph Kaspar Sattler, imprimé pour la première fois en 1894, cette "Danse Macabre Moderne" était à l'origine composée de 13 gravures, à quoi trois autres s'en ajoutent dans l'édition 1914. Pour Sattler, il s'agissait avant tout de donner sa propre interprétation de la tradition de cette danse squelettique qui domine tant d'œuvres picturales du Moyen Age ; Vincent Wackenheim divisa en deux parties l'œuvre qu'il avait décidé de consacrer à Sattler et une partie de son œuvre. Lors de l'inauguration, les seize gravures, dont la Mort dans sa forme allégorique, en sont les protagonistes, avec des commentaires et l'interprétation personnelle de Wackenheim. Et puis une revue biographique qui nous donne beaucoup d'informations sur la vie de Sattler, bien sûr, mais aussi sur les circonstances dans lesquelles il a conçu et imprimé sa "Danse Macabre Moderne"... Fasciné depuis mon plus jeune âge par l'allégorie de la mort que j'ai vue dans les fables de De La Fontaine que j'ai lues, je me souviens, avec ma grand-mère et que, comme tous les enfants, j'ai observé avec curiosité le moindre détail... euh... Je n'ai jamais trouvé un moyen d'avoir peur de lui ou de faire des cauchemars à son sujet. Si ce que j'appellerais la mort d'un être cher, cette mort soudaine et toujours douloureuse, me fait encore souffrir aujourd'hui, l'allégorie pure et simple de la mort, ce squelette sans lequel nous ne pourrions faire un pas dans une vie aussi ennuyeuse, ne m'a jamais fait peur, je répète, jamais. Peut-être parce que, depuis ma naissance - et bien qu'on ne l'ait su que trop tard - je souffrais de dégénérescence osseuse. En d'autres termes, ce que la Mort symbolise dans les dessins, les peintures et même dans le prodigieux Terry Pratchett a été mortellement blessé en moi depuis ma naissance, et même avant cela, selon toute probabilité, dans le sein de ma mère. Dans ces conditions, comment, je vous le demande, puis-je avoir peur d'un squelette, comment ne même pas ressentir une forme de sympathie pour cet être qui est capable, alors qu'il est censé représenter une entité si puissante, de sentir (et très douloureusement) la maladie dans ses pauvres os ? C'est sans doute aussi pour cette raison que je partage très rarement l'interprétation de Wackenheim - aussi subjective que la mienne, bien sûr - qui est donnée à chaque gravure. Je ne citerai qu'un seul exemple : celui de la Mort, vêtue de pourpre, symbole du pouvoir, qui orne le Christ sur la croix d'une couronne de laurier. Je ne suis pas conscient des sentiments que Sattler tentait d'exprimer à ce moment-là, mais pour ma part, je vois dans cette image cette Mort si puissante (la pourpre qui la recouvre) et pourtant si égalitaire, s'élevant au-dessus de la pointe de ses os jusqu'à, dans un geste d'infinie tendresse et respect qui "casse l'écran" en quelque sorte, placer la couronne du roi des rois bien au-dessus de celle imposée par ses bourreaux. Avec un peu d'imagination, on pourrait voir le crâne compatissant échanger le baiser de paix avec lequel il s'apprête à se libérer de sa souffrance humaine. Croyez-moi, je vais donner beaucoup pour voir l'original - mieux encore, je l'ai... L'artiste a su exprimer dans son dessin tant d'amour, de sagesse et d'intemporalité que cette image, au lieu de nous faire désespérer, nous redonne espoir. Un autre point qui me semble nécessaire pour certains esprits tordus : la mort apporte de l'espoir ici mais cet espoir n'a rien à voir avec le suicide, le Christ a accepté de mourir mais ne s'est pas suicidé. Et si Sattler, dans une autre lithographie, dépeint un pendu (dans une sorte d'autoportrait très curieux que je vous laisse découvrir), la Mort qui nous renvoie n'incite jamais au suicide. C'est ce qui fait de cette "Danse Maccabre Moderne" très réussie, lorsqu'elle est présentée de cette façon, rajeunir l'ancienne tradition médiévale (et si elle est d'accord ou non avec l'interprétation de Wackenheim) une œuvre magnifique, surtout dans sa sobriété et élégance. Elle a aussi le mérite, dans sa deuxième partie, de rappeler l'influence que Sattler Holbein et d'autres peintres allemands qui ont représenté