Gauguin Voyage au bout de la Terre
  • Éditeur: Editions du Chêne
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2812316799
  • Tags: roman d'aventure, entretiens, biographie, légendes, sculpture,

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Quelle vie ! Même sans ses légendes, la trajectoire de Gauguin (1848-1903) frôle le roman d'aventures : après avoir navigué sur la mer à l'âge de 17 ans et pendant longtemps, il se lance en affaires, puis se livre à la peinture avec la même soif du risque et du succès. Au-delà du mythe de l'artiste maudit, déprimé par l'échec et la syphilis, cette histoire explore les échanges permanents, parfois inattendus, entre la vie du créateur et son insatiable imagination. A travers peintures, sculptures et céramiques, Stéphane Guégan parcourt l'étonnant parcours d'un marin "mû par l'inconnu" De la Bretagne inaugurale aux Marquises, de la Martinique au Danemark, la carte d'un vaste territoire se déroule, géographique et initiatique, extérieur et intérieur... Aucun autre peintre que Gauguin n'a jamais autant voyagé et apporté l'esprit du voyage, le choc des cultures, le langage des formes et le sel de la vie.

Stéphane Guégan

Stéphane Guégan

Nationalité : France Biographie : Stéphane Guégan est historien de l'art et critique spécialisé dans le romantisme français. Créateur en 1994 de la collection ABCdaires et responsable du département culturel du musée d'Orsay depuis avril 2004, Stéphane Guégan est nommé conservateur du département peinture du musée d'Orsay en 2009. Il a été commissaire de l'exposition Manet, inventeur du moderne (05/04/2011 - 03/07/2011). Auteur de nombreux ouvrages sur Delacroix, Gauguin, Chassériau ou Ingres, auxquels il a consacré plusieurs essais, il a publié en 2012 "Les Arts sous l'Occupation", véritable éphéméride qui raconte, jour après jour, la vie et les réalisations de créateurs français, toutes disciplines confondues, pendant la seconde guerre mondiale. Ajouter des informations

Commentaires et critiques des lecteurs

15-12-2019

Bad boy au cinéma (à partir de septembre), "alchimiste" (au Grand Palais jusqu'au 22 janvier 2018), Gauguin est aussi dans les livres cet automne 2017 : de nombreuses publications apparaissent sur les rayons des librairies, plus attractives les unes que les autres. Embarrassé par l'élection. Lire ou relire Françoise Cachin, petite-fille de Paul Signac et Marcel Cachin, dans une version agrandie rééditée (Flammarion) est toujours recommandé pour Gauguin, même nécessaire aux chercheurs en art. C'est Stéphane Guégan et un livre plus récent auquel je me suis tourné ; historien, critique et conservateur à Orsay, j'ai déjà apprécié en lui le style et la manière quant à "l'autre" des peintres ("De Delacroix à Renoir. Peintres français en Algérie"). Pour Gauguin "sauvage de Lima", comme il se définit lui-même, l'autre lieu est central et ici le cœur du sujet. "L'œuvre de Guégan "Le voyage au bout de la terre", sur ce point, répond aux intentions exprimées dans la préface : regarder le bulldozer et le peintre ensemble et sans rougir dans la perspective de leur temps, démystifiant en passant un certain nombre de stéréotypes qui circulent sur l'homme (excès et "vices" mythiques). Par-dessus tout, Guégan restitue la dimension existentielle du voyage dans l'œuvre de Gauguin. Rien n'est commun dans sa vie, dit Françoise Cachin avec empathie, et Stéphane n'apprend rien de plus, d'abord en soulignant certains éléments biographiques. Au-delà du parcours effectué très tôt dans la vie de Gauguin, participant à la fois à sa "légende" et à sa maturation artistique tout en conservant une nostalgie fertile et visible dans son œuvre (figures de la mythologie archaïque de sa céramique, de sa sculpture et de sa peinture), Guégan s'intéresse aux éléments essentiels de sa vie : la "lignée" et l'aventureuse grand-mère, Flora Tristán, enfance péruvienne à Lima (son père mourut lors de la traversée Paris/Lima), dans un certain contexte familial hispanique ; le retour en France puis l'engagement à 17 ans dans la marine marchande et la navigation autour du monde (1865 à 1871) ; la protection d'un riche collectionneur après le décès de sa mère.mariage dès son retour à la terre ; prospérité parisienne dans le métier d'agent de change, peinture à ses heures, spéculateur mais sage jongleur collectionneur entre art et bourse (musée personnel d'une cinquantaine d'œuvres dont celles de Cézanne, Monet, Pissarro, Cassat, Jongkind, Degas, Renoir...)... Après le krack de 1882, la page suivante s'ouvre : voyageur mais d'une manière différente. Gauguin perd son emploi et décide de changer de carrière : vivre de la peinture et subvenir aux besoins de sa famille (il a quatre enfants et un cinquième en route). Ça doit être lucratif - ça n'a pas l'air facile et commercial. L'argent est la mesure de Gauguin de la valeur de l'artiste (dont l'ambition a précédé les révolutions esthétiques, dit Françoise Cachin). Là encore Stéphane la rejoint. Le futur artiste n'est pas un philistin, il aime la peinture et la poésie. Il ne sera pas non plus autodidacte, apprend vite, surprend Pissarro qu'il a rencontré, vient de Delacroix et Manet, Courbet et Cézanne, Baudelaire, expose d'abord avec les impressionnistes dont il se distingue. Il sera bientôt ami avec les frères Van Gogh, Degas, Mallarmé... Tout le monde le connaît aujourd'hui, mais, à l'époque, son caprice était terrifiant. Le premier ami Pissarro, l'un des chefs de l'impressionnisme qui, à Pontoise depuis 1878, a réalisé et vu ses premiers paysages, a détecté son talent. La crapule croit en son étoile, même en son génie, loin d'imaginer un quelconque fiasco artistique et familial. En fin de compte, l'argent fera souvent défaut et les certitudes s'effondreront avec des doutes, quelques années au désespoir (1896-1897). A l'exception d'Aurier au Mercure de France, les moqueries et autres malentendus des critiques seront très nombreux. Pour en revenir aux voyages, la "terrible démangeaison de l'inconnu qui me fait faire des folies" de Gauguin (lettre à Emile Bernard) et la récente liberté de l'artiste de faire et de dire le contraire vont se combiner pour nourrir des rêves de sorties successives très personnelles, sauf peut-être la rupture désastreuse de Copenhague. Les voyages et les rêves qui les accompagnent - Guégan le démontre très bien - sont pour le peintre une promesse puissante et indispensable d'inspiration ou de renouveau. Le texte est structuré entre les séjours à Rouen, Dieppe et Pont-Aven 1 et 2, Arles puis Pouldu, Panama, Martinique, auxquels s'ajoutent les projets au Tonkin et Madagascar ; enfin, les deux voyages en Polynésie. A bonne distance des clichés et des anachronismes de certains points de vue, Stéphane Guégan, moins ouvertement empathique que Françoise Cachin, mais tout aussi pertinent, met en perspective une œuvre qui abroge et dérange. Son analyse des différentes critiques de Gauguin : folklorisme, colonialisme, exotisme, etc. n'échappe à rien et les oppose à un ensemble artistique cohérent où l'idée et la matière, la vie intérieure et l'imagination se confondent en dehors de tout idéalisme et avant, dans une large mesure, la réalité et surtout le voyage. Cet ensemble tire sa beauté singulière d'une tentative de comprendre les êtres, inséparables de l'esprit du voyage, d'où émerge une poésie infinie que l'on peut lire à la fin dans les portraits maoris ou dans les sables roses de l'époque de la marquise. Les vingt années qui séparent son premier grand nu, en 1880, "Suzanne cousant" des nus tahitiens quand elle tourne le dos à l'Europe, et les "pommiers de Pontoise" des bergers du Pacifique, nous permettent de comprendre bien plus qu'une évolution : une "grande récapitulation". La formule choisie par Guégan est belle et appropriée. L'utilisation que Gauguin fait de l'art est liée à celle du monde et son œuvre continue d'être le fruit de ses voyages. Selon l'auteur, Gauguin s'inscrit dans une démarche beaucoup plus personnelle, "intellectuelle et existentielle", qui imprègne également ses écrits, au-delà de toutes les ruptures esthétiques (partitionnisme, synthèse, symbolisme) et des douilles qui ont été portées (en particulier la tête de l'école de Pont-Aven). Ce que ces pages -grâce au renforcement de l'iconographie et à une documentation variée- parviennent à vous faire sentir bien. Le testament pictural fait à Tahiti en 1897, fresque et synthèse picturale de la destinée humaine : "D'où venons-nous, que sommes-nous, où allons-nous ? tout en contemplant le suicide, où se déroule une forme de syncrétisme religieux, serait pour moi le résultat. Quelques mots sur la forme du livre : le choix d'une rupture chronologique liée à la biographie itinérante de Gauguin a des vertus didactiques et documentaires intéressantes par opposition à un texte qui peut offrir une certaine résistance à la lecture. Illustré par un ensemble très varié d'œuvres - dessinées, peintes, gravées, moulées, sculptées - mais aussi par des fragments des nombreux écrits de son auteur. Le parcours se compose de six arrêts, en fonction de ceux qui marquent la vie aléatoire du peintre. La succession des autoportraits, sous-titrés avec des citations de l'artiste, passe rythmiquement d'un chapitre à l'autre car, peu importe combien il se regardait et se questionnait, le peintre regarde toujours le lecteur d'aujourd'hui qui le questionne encore.

Stéphane Guégan

Editions du Chêne

Oak Editions a été créé en 1941 par Maurice Girodias qui, dans l'héritage de son père qui avait publié Henry Miller's Tropics of Cancer en 1934, a été l'éditeur de Zorba le grec ou Sexus du même auteur, et plus tard de Lolita de Nabokov. Filiale de Hachette depuis 1951, la société édite des livres consacrés à la photographie, l'architecture, le cinéma ou la peinture. Puis, à partir des années 1990, il a travaillé dans le sport, l'automobile et l'érotisme.