Géricault : Au musée Condé de Chantilly
  • Éditeur: Faton
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2878442504
  • Tags: roman, poèmes, biographie, livre d'art, esclavage,

Télécharger epub Géricault : Au musée Condé de Chantilly livre gratuit en français PDF

Théodore Géricault (1791-1824), figure romantique de premier plan, surtout connu sous le nom de peintre de chevaux, mourut à l'âge de trente-deux ans, plus jeune que Raphaël ou Watteau, laissant derrière lui une production lithographique qui fut l'un des plus grands chefs-d'œuvre du XIXe siècle, formée par Carle Vernet, Guérin et l'Ecole des Beaux-Arts, après copie des maîtres du Louvre, Géricault échoue au Prix de Rome en 1816 mais se rend en Italie, à ses frais, et s'envole en France : libéral, montre la souffrance des soldats de l'Empire, critique le régime de la Restauration avec sa Balsa de la Méduse (1819 Salon) et s'intéresse à la question de l'esclavage. Lors de son séjour à Londres en 1820-1821, il dénonce dans ses lithographies la réalité sociale de la première révolution industrielle : les poèmes de Lord Byron inspirent sa production orientaliste, dominée par son amour du cheval ; le musée Condé de Chantilly possède une collection presque complète de ses lithographies, acquises en 1866 par Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1822-1897), mécène à l'Institut de France.

Nicole Garnier-Pelle

Nicole Garnier-Pelle

Nationalité : France Biographie : Nicole Garnier-Pelle est la conservatrice générale du patrimoine en charge du Musée Condé du Château de Chantilly. Ajouter des informations

Commentaires et critiques des lecteurs

16-12-2019

J'adore les livres d'art ! Je pourrais passer des heures, en fait, des heures, immergée là-dedans, à soupirer de bonheur pour la beauté que les êtres humains, malgré leurs innombrables défauts, sont capables de créer. C'est le deuxième volume que j'ai lu dans la série Les Carnets de Chantilly, et je dois dire que je veux vraiment jeter un coup d'oeil à la librairie pour acheter le reste de la série. Une très belle édition, avec un texte très intéressant, avec un tirage de haute qualité qui honore les lithographies de Géricault, je suis conquis ! Une première partie de la vie de l'artiste, qui m'a permis d'apprendre que presque tout ce que je pensais savoir sur lui était en fait déformé, une seconde partie sur la collection de Chantilly et Orléans comme mécènes et, enfin, le clou du spectacle : une partie du catalogue dont je ne peux plus sortir ! Merci à Masse Critique et à l'éditeur de m'avoir envoyé ce volume, et merci simplement à l'éditeur d'avoir publié ce petit bijou ! Ce qui est terrible, c'est qu'en plus d'acheter tout le spectacle, je veux aussi retourner à Chantilly maintenant...

15-12-2019

Que serait-il advenu de l'œuvre de Théodore Géricault s'il avait vécu au-delà de 32 ans ? Figure du romantisme, cet artiste normand né à la Révolution fut l'un des grands précurseurs de la peinture populaire réaliste au XIXe siècle. Passionné de chevaux, il était leur grand peintre et les représentait, toujours en mouvement, dans toutes leurs activités, de la course à l'attelage, du labour à la guerre. Peintre et sculpteur engagé, il a représenté les souffrances de la guerre et la misère des pauvres. Il aurait aimé peindre l'histoire, mais il n'aura pas le temps. Il fit de nombreuses études et esquisses et devint l'un des pionniers de la lithographie qu'il pratiqua dans les dernières années de sa vie et qui ne réussit que plus de vingt ans après sa mort. Ce beau livre comprend une première partie passionnante sur la biographie de Géricault, un développement sur l'avenir de son œuvre, un peu fastidieux pour les néophytes, puis un catalogue très bien analysé, le seul tableau et les cent gravures exposées au Musée Condé de Chantilly. Une immersion intense dans l'art et la culture.

14-12-2019

"Qu'il le fasse, il y a en lui le tissage de trois ou quatre peintres, mais ce n'est pas la même chose pour toi " (p. 14). C'est le sage Pierre Narcisse Guérin qui a raconté à ses élèves le plus fou d'entre eux : Théodore Géricault (1791-1824). Dans la brève biographie d'introduction, la phrase qui vous fait sourire est un bon jugement sur le tempérament de l'artiste en 1810. Deux tableaux plus tard (également visibles sur les premières pages) et la réputation de Géricault étant établie, le mouvement l'emporte sur la ligne, faits saillants : "L'Officier de chasseurs à cheval chargeant", succès au Salon de 1812, et "Le Cuirassier blessé blessé blessé blessé quittant le feu", œuvre incomprise en 1814. L'antiquité idéalisée de David est encore "débridée" lorsque Géricault peint l'officier halluciné sur son cheval en sautant, puis le soldat blessé (confondu avec un trouillard). Géricault introduit un soldat inconnu dans la peinture d'histoire. Mieux connu pour sa célèbre scène de naufrage que pour ses portraits de fous, par exemple, Géricault "célèbre inconnu" (selon Michel Régis, catalogue du bicentenaire de sa naissance) est victime de l'aura romantique de sa trop brève existence. Un immense peintre novateur, qui a modifié les genres, ignoré les hiérarchies et trouvé les thèmes de son inspiration dans les nouvelles de son époque (la fin de l'épopée napoléonienne et la Restauration) ou dans le secret des puissantes prédilections intimes. Il fut aussi un pionnier de la lithographie, une innovation qui attendait ses géants au début du XIXe siècle. C'est ce que ce catalogue est censé montrer. Géricault y fut initié à son retour de son voyage en Italie à la fin de 1817 et s'y consacrera jusqu'à sa mort. Il ne pouvait sentir que ce que la lithographie pouvait offrir à ses traits brillants. Souvent cité par Delacroix, Nicolas Charlet d'abord et son ami Théodore Géricault, qui suivit ses traces, furent deux pionniers de la lithographie en France. L'œuvre lithographique de Géricault est une centaine de pages au maximum sur lesquelles figure sa signature (en lithographies originales, selon lui ou en collaboration avec Lami) que le Musée Condé de Chantilly et ses éditeurs Faton montrent aux amateurs d'esthétique noir et blanc dans ce format carré attrayant d'un catalogue d'exposition récent (2018). Le musée abrite une collection complète de lithographies de Géricault, de l'héritage du duc d'Aumale à l'Institut, dont quelques pages racontent également l'histoire de la collection. D'autre part, il n'y a rien sur Aloys Senefelder - qui vaut bien la notoriété du duc - et ce n'est qu'un peu triste (et malheureusement français) un catalogue qui oublie tant de choses pour mettre l'art et la technologie au dialogue et évoquer le champ de la découverte. Parce que l'invention initialement destinée à l'industrie allait révolutionner le monde de l'imprimerie et des arts au XIXe siècle ainsi que les mentalités. Comme Dürer, formidable graveur sur bois, avait essayé la gravure sur cuivre au début du XVIe siècle, Géricault a ressenti l'intérêt de ce nouveau support lithographique. En témoignent ses gravures et ses notes, ainsi que certains dessins, études au crayon de plomb et aquarelles. Après lui, la lithographie fut un extraordinaire champ d'expérimentation et de recherche pour de grands artistes (Goya, Delacroix, etc.). Il est donc nécessaire ici de questionner les images d'une matrice de pierre avec des yeux... La même énergie et la même véhémence de la composition que dans les œuvres peintes ou dessinées. L'animal sauvage "Lion dévorant un cheval", le sanglier et le cheval qui a tant fasciné Géricault depuis son enfance sont là. Groupes, calèches, chevaux de commerce, "Les Boueux", chevaux de cavalerie, dans la forge, "Cheval mort" (1823), chevaux de course, au combat. Et à l'heure actuelle : des officiers impétueux, des scènes d'accusations, de vie militaire. La fin de l'épopée napoléonienne et de la guerre est racontée par la débâcle du retour de la Russie : des chars désespérés chargés de blessés, des grognements poussés, bandés, amputés, préfigurant d'autres visages brisés. Interprétation des poèmes de Byron ou illustration d'une chanson. Dans cette collection rare, la "Suite anglaise" des voyages à Londres en 1820 et 1821, où Géricault se rend pour exposer "Le Raft de la Méduse", qui connaît un immense succès qu'il n'a pas en France. C'est à Londres qu'il perfectionne sa technique lithographique et trouve une nouvelle inspiration dans la misère des rues touchées par la révolution industrielle naissante, que sa mort prématurée l'empêche d'explorer davantage. Un livre pour ceux qui aiment l'imprimerie et Géricault, dont je fais partie. Merci aux éditeurs. Faton.