La femme dans la peinture orientaliste
  • Éditeur: ACR Edition
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2867700612
  • Tags: récits, vie quotidienne, occident, douceur, fantasme,

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De toutes les coutumes et traditions de la vie quotidienne des femmes orientales, le harem est sans doute le plus connu et inconnu en Occident : peintres, voyageurs, écrivains, poètes ont laissé libre cours à leur imagination et à leurs fantasmes autour de ce thème, de sorte que la réalité se mélange intimement avec l'imagination ; outre le thème des odalisques et amandiers, ce livre traite aussi de la vie quotidienne, familiale, des balades, du travail, du relax et du doux quotidien.

Lynne Thornton

Lynne Thornton

Nationalité : Royaume-Uni Biographie : Lynne Thornton est une historienne anglaise du 20e siècle. Spécialiste de l'orientalisme, ses œuvres se concentrent sur les voyages de peintres orientalistes et africanistes. Lynne Thornton a également écrit un livre "inventaire" sur les femmes dans la peinture orientaliste.source : Wikipedia Add information

Commentaires et critiques des lecteurs

19-04-2019

Quand Antoine Galland publie la première traduction française des Mille et une nuits en 1704, une séduisante Schéhérazade conquiert l'Ouest, un rêve de l'Est s'empare de la France. Les turquoises du grand Mamamamouchi du XVIIe siècle sont suivies par les récits de voyageurs fascinés par la Sublime Porte et l'imagerie d'un galant d'autres lieux. Madame de Pompadour orne les murs de sa chambre de trois "sultanines" de van Loo pour séduire le roi et Marie-Antoinette aime s'habiller en turc. Plus tard, l'impact de la campagne de Bonaparte en Egypte et les écrits des auteurs romantiques pour qui l'Orient était devenu une préoccupation générale (Hugo) ont donné un nouvel élan à l'éternel besoin d'échapper au monde occidental. Les peintres laissent libre cours à leur imagination et représentent la douceur de vivre, les occupations quotidiennes, les distractions. Fleurs en abondance, mobilier élaboré, plateaux pleins de bonbons, petits animaux, oiseaux envahissent les toiles dans lesquelles les femmes jouent du luth, fument du narguilé, dessinent des cartes. La représentation la plus courante est celle d'une femme jeune et désirable, la femme rêvée d'un Orient mythique et fantastique associé à un lieu fermé, le harem. La racine du mot est "haram", littéralement "interdit". Parmi les peintres occidentaux, c'est devenu un lieu fermé de jouissance et d'abandon. La femme passive, langoureuse et offerte est prête à tout pour satisfaire les désirs de son maître. Les nus allongés fleurissent, dans Renoir "Femme d'Alger", ou Matisse "L'odalisque à la culotte rouge". Parfois, le peintre dépeint la femme comme une captive dans la luxure, "L'inspection des nouveaux venus" de Rosati, "La mort de Sardanapale" de Delacroix ou "La jalousie du sérail" de Cormon, tyran tout puissant. Mais l'artiste est rarement inspirée par la vision menaçante de la féminité, par l'influence de la captive avec son maître, qui rêve de quelque chose de plus tentant que cérébral (Roxelane, Mirhisah des Lumières), tout comme Galland cachait l'intelligence de Scheherazade et la dimension politique des contes. Décorée de riches tissus, de bijoux précieux et d'un style habile, la femme orientale vit dans l'opulence. Voluptueuse, elle joue avec les heures en attendant un homme. Coquette, séduisante, fatale, elle prépare pour le plaisir, dans de nombreuses scènes de baignade, "Le bain de vapeur" de Gérôme, "Le bain turc" de Ingres, "Le massage, scène de hammam" de Debat-Ponsan. L'émergence d'un orientalisme naturaliste qui s'affranchit de cet imaginaire érotique tend à représenter des femmes actives en plein air, "La lye dans l'Oued" de Taupin, ou des femmes de tous âges et ethnies, comme le "Portrait d'une Nubienne" de Muller. Les scènes intimes sont de plus en plus rares, la représentation évolue. Ce que l'inconscient collectif a retenu des femmes représentées par les orientalistes n'est pas la vision naturaliste et réaliste d'un Guillaumet, par exemple, mais une représentation très éloignée de la réalité historique. Pour notre corps défendant, nous ignorons la réalité du temps. Nous admirons les couleurs et la lumière qui émanent des toiles, nous scrutons les mille et un détails, nous aimons nous plonger dans cette magnifique œuvre de Lynne Thornton en rêvant de lire les Aventures du dernier abandon ou les contes de l'Alhambra. Et s'il y avait un petit défaut dans le livre, ce serait l'absence de peintres orientalistes espagnols (l'auteur ne mentionne que les écoles britanniques, françaises et italiennes) très curieux quand on sait la relation particulière que l'Espagne avait avec la culture orientale et arabo-islamique, notamment par El Andalus.