Les exigences de l'émotion
  • Éditeur: l`Atelier contemporain
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 1092444343
  • Tags: savoir-vivre, entretiens, témoignage, surréalisme, vin,

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Pas très bavard et concis, même laconique, Bonnard. Il réagit aux généralités, aux théories cultivées, mais il se méfie des grands mots. Réservé, modeste jusqu'au secret Atento a los demás, sensible, inquiet, mais suivant librement son chemin, obstiné, sans la moindre trace de complaisance narcissique, avec, au contraire, une réelle modestie et critique envers lui-même. D'où l'intérêt de ce numéro d'interviews et d'articles de cet homme silencieux, discret et passionné, qui affine son portrait, illumine le sens d'une œuvre qui, par son caractère profondément poétique, échappe à la capture et qui, complétant les observations de son journal, contribue à la redécouverte du sentiment d'existence d'un grand peintre, célèbre et inconnu.

Pierre Bonnard

Pierre Bonnard

Né à : Fontenay-aux-Roses, le 03/10/1867 Mort à : Le Canet, 23/01/1947 Biographie : Pierre Bonnard est un peintre français né en 1867 à Fontenay-aux-Roses et mort en 1947 au Cannet. Pierre Bonnard a fréquenté l'Académie Juliana et a été admis plus tard à l'Ecole des Beaux-Arts. Voici Edouard Vuillard. Bonnard rejoint le cercle des "Nabis". Il décide de se consacrer exclusivement à la peinture. Entre 1891 et 1893, Bonnard peint principalement des scènes de la vie parisienne. En 1896, la première exposition personnelle de Bonnard a lieu à la Galerie Durand-Ruel. Il a créé les décors pour Ubu roi d'Alfred Jarry avec Paul Sérussier. En 1909, l'artiste découvre les couleurs du Sud qui vont fortement influencer ses œuvres. En 1912, il rencontre Monet. En 1924, une rétrospective de son œuvre a lieu à la Galerie Druet à Paris. En 1928, une exposition privée a eu lieu à New York chez Hauke. En 1939, Bonnard se retira au Cannet, ne retournera à Paris qu'à la fin des hostilités. + Voir plusAjouter des informations

Commentaires et critiques des lecteurs

26-06-2019

Commençons par ce qui éveille la curiosité : le livre dans le livre. Celui conçu par Bonnard en 1944, intitulé "Correspondances", publié en 1000 exemplaires par Tériade et reproduit intégralement dans cette édition. Son texte se compose de lettres manuscrites de sa jeunesse, échangées entre lui et sa famille, accompagnées chacune d'un ou plusieurs dessins au crayon et à la plume les illustrant. Pour ceux qui connaissent un peu la vie et l'œuvre du peintre, la force des liens qui l'unissent à sa famille et l'immense intérêt qu'il porte à la gravure, l'utilisation de cette composition n'est pas neutre. Pas étonnant : un regard rétrospectif sur sa jeunesse et son environnement le plus cher, offrant une sélection de lettres personnelles dans lesquelles le lecteur peut facilement retrouver, dans la spontanéité de l'écriture et dans le brio des esquisses, les premières émotions inscrites dans ses motifs favoris, l'essence de son inspiration et les qualités de sa ligne. Un texte plutôt bien intentionné d'Alain Lévêque introduit les "Correspondances", ainsi que les séries d'articles et de commentaires publiés ou recueillis entre 1933 et 1945 (à l'exception du bref Hommage à Odilon Redon de novembre 1912), rares témoignages ou confidences que Pierre Bonnard laisse sur lui-même ou sur sa conception du tableau et qui viennent compléter le portrait sensible d'un vieux peintre.Si vous n'apprenez rien sur Bonnard ici que vous ne connaissez pas déjà d'autres sources biographiques ou monographiques, l'intérêt serait de le redécouvrir dans cette collection d'articles et d'interviews, en donnant aussi un livre d'artiste original à voir. Connaissant la place éminente et très spéciale qu'occupe l'illustration des livres et des arts graphiques dans son œuvre, on peut vraiment regretter le manque de considération pour la reproduction des siens. Mauvaise lisibilité des lettres manuscrites qui apparaissent sur un fond gris justifiant leur transcription. C'est un peu mieux pour les dessins. Cet effet désagréable de "photocopier" les cartes est assez dévastateur. Duplication pâle qui ne fait pas que l'émotion de l'émotion "directe" de l'écriture se sente si liée au dessin qui l'accompagne. Les moyens de reprographie de la "basse côte" ne sont pas à la hauteur des attentes que le titre suscite en ce qui me concerne. Son œuvre "est un acte poétique en soi", souligne à juste titre André Lévêque dans sa belle préface, soulignant à quel point l'émotion première est au cœur de la création de cet artiste. Lisez ce qui suit pour vous en convaincre. Bref, une déception reprographique totale. Les textes sont toujours là. Ingrid Rydbeck et le photographe Rogi André lui rendent visite dans une villa louée à Deauville en 1937. "C'est Boudin qui a attiré mon attention sur Deauville ", leur dit-il, avant de transformer spontanément un apéritif improvisé - vin de cerise et de pêche - en nature morte, immortalisée sur la couverture, où le geste de savoir vivre semble se fondre avec celui de peindre. Il continue, en se moquant d'un de ses basset, sa façon de travailler avec les paysages ou les portraits. Au lieu de s'en tenir au motif, il préfère les croquis rapides ou les croquis, les notes furtives de l'atmosphère, remplir les cahiers, tout ramasser plus tard dans l'atelier, explique-t-il. Ni chevalet ni cadre formaté chez Bonnard, les toiles en cours sont perforées au mur, librement. Il n'arrête pas de le retoucher. Doute. Les assiettes servent de palette. Il revient sur le motif avec Angèle Lamotte, dans Verve en 1943, sur Cézanne, Monet et Renoir, Matisse, en regardant aussi plus en arrière aux côtés de Titien et de Velasquez. Jamais rien de déclaratif dans ses paroles. Bonnard tel qu'il est et tel que nous l'imaginons, avec modestie et simplicité en tout temps. Une sagesse créative, qui suit ses propres chemins, mais aussi attentive à tous les courants, recueillie par l'émotion artistique du début du XXe siècle ? Mais il n'y avait pas d'amertume perceptible quand il se confiait : " Mais l'évolution a été plus rapide que la nôtre. La société a embrassé le cubisme et le surréalisme avant que nous ayons atteint ce que nous considérions comme notre but. Nous sommes suspendus dans l'espace d'une certaine manière"... (p. 53) ; " Comment un homme aussi tendre a-t-il pu naître dans un siècle aussi impitoyable que le nôtre ? Et surtout, pour se protéger des attaques de notre temps, au point de rester, en 1943, tel qu'il était à l'aube de sa jeunesse " (Marguerite Bouvier, Comoedia, 23 janvier 1943, p. 58). Une phrase qui résume à elle seule Pierre Bonnard comme un "peintre des sentiments", comme il se définit lui-même, dans un siècle où la peinture ne cherche plus rien de ce côté. L'homme qui se démarque par les entrevues données ici et là a encore de la jeunesse et continue d'explorer un chemin solitaire très personnel, malgré son âge. Peut-être encore lié à l'époque de cette première peinture d'adolescent, qui sortit directement d'un tiroir et fut étendue à Pierre Courthion à l'atelier de la rue Tourlaque en 1933. Evoquant avec Raymond Cogniat, dans les Nouvelles Littéraires de juillet 1933, son attirance de jeunesse pour la vie d'artiste plutôt que pour la peinture ; et encore, sa formation à l'Académie Julian, sa rencontre avec Denis, Sérusier, Ranson, Roussel et la révélation de Gauguin, avant impressionnisme, dont l'ambition était de dépasser les effets naturalistes de ses amis et lui-même (les Nabis). Enfin, dans Le Cannet, en 1943, Marguerite Bouvier revit les souvenirs très vifs de l'exceptionnelle lithographe et illustratrice de livres. Souvenirs d'un jeune caricaturiste qui, dans "La Revue Blanche", connaissait encore Renoir. Les plus mélancoliques, les amis disparurent ou affligés par la perte de Marthe en 1942, racontée par André Giverny.