Les Fauves
  • Éditeur: Fernand Hazan
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2850254037
  • Tags: art, avant-garde, portraits, scandales, Fauvisme,

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Ses peintures provoquèrent un scandale au Salon d'automne de 1905, et les critiques s'indignèrent de cette "boîte de peinture jetée au visage du public". Les fauteurs de troubles étaient Matisse, Marquet, Derain, Vlaminck... En seulement quatre ans (de 1904 à 1907), ceux qu'on appelait aujourd'hui "fauves" ont sorti la peinture de l'orbite impressionniste pour ouvrir la voie au cubisme, à l'abstraction, à l'expressionnisme, au futurisme. Bernard Zürcher ne s'intéresse pas tant à la chronologie des événements qu'à la mise en lumière des relations entre les protagonistes qui, souvent par groupes de deux, avancent dans la recherche d'une peinture du futur : Derain et Vlaminck à Chatou, Friesz et Braque à Anvers, Matisse et Derain à Collioure...Chaque nouvelle expérience apporte une révolution picturale L'utilisation de la couleur pure, sans mélange ni "fusion" est une première manifestationChatou, Derain et Vlaminck sont les initiateurs de cette cuisson du paysage ; les foulards rouges pour représenter les branches des arbres, la couleur utilisée comme dynamiteA Collioure, Matisse se consacre à la direction décorative, à l'écrasement des reliefs et des perspectives, à transformer le lieu en "décoration où les figures doivent être enfermer dans les arabesques". Au rythme des rencontres, des expositions, des voyages, des échanges épistolaires, et soutenu par une iconographie abondante et originale, Bernard Zürcher dresse un portrait dynamique de cette première "avant-garde" dont les acteurs marqueront définitivement l'art de la première moitié du XXe siècle, montrant comment cette peinture, à l'époque, pouvait apparaître "fauve" et pourquoi elle reste pertinente.

Bernard Zürcher

Bernard Zürcher

Nationalité : France Décédé le : 16/01/2017 Biographie : Historien de l'art de formation, galeriste français. D'abord conservatrice au Musée de l'Orangerie, puis au Musée d'art moderne. Puis son activité principale aura été la défense des artistes (Marc Desgrandchamps, Wang Keping, David Lefebvre...) au sein de sa galerie qu'il a ouverte en 1988 avec son épouse rue de l'Abbé-Grégoire dans le 6ème arrondissement de Paris, tout près du Bon Marché, mais aussi à travers de nombreuses initiatives originales. De 1996 à 2006, il a été vice-président du Comité des galeries d'art. Il lance ainsi une foire, l'exposition Zürcher, en réponse à l'écrasante Fiac et pour permettre à d'autres galeristes, dans le même esprit que lui, d'exposer à Paris. Offre un espace d'art contemporain pour HEC sur le campus de Jouy-en-Josas. Il a également publié de nombreux ouvrages sur Van Gogh (OLF, 1985), Georges Braque (L'Office du Livre, 1988), Les Fauves (Hazan, 1995) et l'art au travail (Flammarion, 2007). + Voir plusAjouter des informations

Commentaires et critiques des lecteurs

23-07-2019

Très belle édition Hazan 1995. Il n'a pas vieilli d'un poil. Cette promenade de découverte parmi les animaux sauvages de Bernard Zürcher offre un libertinage de couleurs qui n'effrayera pas le lecteur, encore moins le profane qu'elle l'aidera à éblouir. Sortez de la lumière changeante et vibrante aimée par les impressionnistes, voici les couleurs pures. La dette envers Van Gogh et Gauguin, fascination naissante pour le primitivisme ou référence à Cézanne, mort sur le motif le 22 octobre 1906, poursuit toutes les œuvres sauvages présentées ici. "A proprement parler, la période fauve dura quatre ans : de 1904 à 1907. Mais le bureau de Bernard Zürcher l'ouvre un peu plus largement de 1900 à 1907. Une génération de peintres - dont Matisse (1869-1954) était l'aîné - se distança de l'impressionnisme en s'appuyant sur le potentiel de la couleur pour développer leur propre langage pictural. Autant d'artistes, autant de démarches : les sages et réfléchis des deux anciens de l'atelier de Gustave Moreau, Matisse et Marquet (1875-1947), dont l'activité tourne autour du nu avant 1904 (occupé par le divisionnisme de Seurat et Signac) ; les plus radicaux de Vlaminck (1876-1958), l'autodidacte et celui de Derain (1880-1954), formés dans une école de la rue de Rennes. La référence "Luxe, calme et plaisir", initiée à Saint-Tropez par Matisse sous la direction de Signac à l'été 1904, fut achevée à Paris à la fin de l'année et présentée au Salon des Indépendants en 1905. Ni le mouvement, ni l'école, les Fauves ne sont présentés comme un groupe, mais le terme de mouvement également utilisé par Emmanuel Pernoud (l'Estampe des Fauves) semble également approprié. Ces douzaines d'artistes, très différents les uns des autres et qui travaillent parfois seuls, souvent par deux, s'associent entre eux à travers les vacances, l'amitié, le motif ou l'inspiration. Derain et Vlaminck, dont les idées révolutionnaires sont mues par les exploits de Bakounine et Ravachol, sont connus depuis 1900, Matisse et Derain depuis 1899. En octobre 1904, après un long service militaire (trois ans !), Derain rejoint Vlaminck à Chatou. Ce couple d'incendiaires à la recherche de nouvelles solutions pour la peinture est prêt pour le "fire test". Matisse leur rendit visite au début de 1905 et les invita à le rencontrer à Collioure, ce que Derain fit pendant l'été. Un séjour fructueux dont le résultat, accroché aux murs du prochain Salon d'Automne, provoqua des malentendus parmi le public et la critique, et c'est lors du troisième Salon d'Automne de 1905 que la salle VII fut qualifiée de "cages aux fauves". Les tableaux de Camoin (5), Mangin (5), Marquet (5), Vlaminck (5), Derain (9) et Matisse (10) resteront dans les mémoires. Vlaminck, Derain et Matisse reçoivent les critiques les plus négatives. "La Femme au chapeau" de Matisse efface toute objection. Il résume le premier scandale du siècle : "un pot de peinture jeté à la tête du public", selon Camille Mauclair. "Le terme fauve désigne ici une double agression : celle qui livre au public le spectacle d'œuvres "inintelligibles" et celle qui livre aux artistes novateurs les cris de l'indignation publique" (p. 99). Gertrude Stein ne se trompe pas et achète immédiatement le tableau, son frère Leo acquiert "Le Bonheur de vivre" l'année suivante. Marquet "le fauve en gris", Manguin (1874-1949) et Camoin (1879-1965), également de Gustave Moreau, fréquentent la Côte d'Azur en 1904. En 1906, Braque (1882-1963) et Friesz (1879-1949) rejoignent Anvers, Marquet et Dufy (1877-1953) peints à Sainte-Adresse, Derain à Londres puis L'Estaque, sans oublier van Dongen (1877-1968), Valtat (1869-1952) et Jean Puy (1876-1960). De Honfleur à l'Estaque et de la Corse aux brumes du nord, sa peinture est devenue une réinvention des formes de représentation à travers ses couleurs audacieuses. Donnez-vous de "nouvelles raisons de peindre" à une époque où l'art est avant tout une passion. Le texte est vivant, soigneusement marqué de Chatou au "Viaduc de l'Estaque" peint par Braque en 1907-1908 jusqu'à sa concentration (avec Derain) en Picasso. La perspective de la recherche fauve avec celle de la génération précédente (les Nabis, mais aussi Monet, Cézanne, Van Gogh et Gauguin) et l'évolution du contexte artistique extrêmement changeant du début du XXe siècle sont intéressantes. Le malentendu Signac/Matisse et la rivalité Matisse/Picasso ou le parallélisme entre le noyau du Havre (Braque, Friesz, Dufy) et l'atelier de Chatou ou encore la vision de la toute puissante Académie et des Salons (d'automne et indépendants) qui marquent la vie artistique, l'influence des galeristes et commerçants offrent tant de perspectives variées qu'ils excluent le guindé ou le pertui d'une chronologie trop virtueuse. Ce dernier est poliment remis à sa place légitime à la fin du livre. Le lecteur observe la métamorphose chromatique et formelle dont les supports plastiques sont déchiffrés et rendus immédiatement visibles grâce à la mise en page : "La desserte" de 1897 et "La desserte rouge" de 1908, juxtaposition de deux tableaux de Matisse où la perspective impressionniste de 1897 se fond subtilement avec le caractère bidimensionnel de la peinture de 1908 : l'immense surface plate rouge nous parle ; nouveau vocabulaire également inscrit sur le face à face des rues pavées (Dufy et Marquet), les croix de portraits spectaculaires (Derain peint par Matisse et vice versa ou Vlaminck par Derain et vice versa) ou les flammes de Londres (Derain). "Le Bonheur de vivre", "Le Nu bleu, souvenir de Biskra" (Matisse), "La Danse" et "Les Baigneuses" (Derain) ou les hésitations de Braque explorent enfin toutes les contradictions des futures questions plastiques. Et Picasso travaille déjà sur les "Demoiselles" quand le voyage se termine...