Saturne
  • Éditeur: Noir sur blanc
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2882503334
  • Tags: récits, roman, roman historique, poésie, roman biographique,

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"Je n'ai plus touché aux pinceaux, ils me dégoûtaient. Les couleurs ont aussi élevé mon cœur comme du sang gelé, comme des boutons épars, des doigts coupés... De l'autre côté, le vieil âne s'épanouissait... Et il peignait sans repos. » En faisant parler Francisco de Goya, son fils Javier et son petit-fils Mariano, Jacek Dehnel nous plonge dans un roman familial d'une incroyable tension : le grand Goya semble dominant et impoli, menteur et impulsif : peintre brillant, amant insatiable (il aime les femmes et, secrètement, un homme), il est aussi père cruel et poignant (lui et sa femme ont perdu plus de douze enfants). Le petit-fils Mariano est, en revanche, un heureux nouveau venu, un homme superficiel que son grand-père adore magistralement, Dehnel restaure l'Espagne décadente du début du XIXe siècle, la demeure sur laquelle Goya règne en tyran et cette Quinta del Sordo où le mystère des Tableaux Noirs se développe, dont le célèbre Saturne qui dévore un de ses fils.

Jacek Dehnel

Jacek Dehnel

Nationalité : Pologne Né à : Gdansk, le 01/05/1980 Biographie : Poète, écrivain, traducteur et peintre polonais. Prose 2006 "Lala" 2011 "Saturne" Source : wikipedia Ajouter des informations

Commentaires et critiques des lecteurs

20-11-2019

Je ne connaissais que le célèbre peintre espagnol Francisco de Goya par son nom. La couverture, qui représente un de ses tableaux étranges mais charmants (Robo de brujas). Jacek Dehnel a choisi de donner la voix à Francisco de Goya, son fils Javier et son petit-fils Mariano. J'ai tout aimé dans ce roman : les voix de ces trois hommes se mêlant, chacun donnant une version des faits, mais aussi les descriptions noires de leurs relations haineuses, les peintures de Goya (dommage qu'elles soient en noir et blanc ! les détails sont moins visibles) ? L'écriture est noire mais dégage une fascination et une force incroyable, un peu comme le sari vert d'Ananda Devi. L'auteur s'est appuyé sur l'étude de Junquera, qui affirme que les tableaux noirs attribués à Francisco de Goya étaient en fait l'œuvre d'un autre peintre. La couverture de la version originale du livre porte le tableau du même nom. L'éditeur a choisi une image moins choquante que la terrible Saturne qui dévore l'un de ses fils. Il manque peut-être quelques jalons chronologiques pour trouver le chemin des dates, mais ce roman polyphonique très sombre est habilement construit. Une belle façon de découvrir ce grand peintre du romantisme espagnol. Merci à Masse Critique et aux Editions Noir sur Blanc pour ce merveilleux roman.

19-11-2019

Je suis une quiche d'histoire de l'art, il y aurait probablement plusieurs façons élégantes de commencer ce post, mais celle-ci me semble pertinente : je n'en sais pas vraiment beaucoup à son sujet. Mais, comme je ne cesse de le répéter, je suis aussi très curieux. C'est pourquoi "Saturne" faisait partie de ma sélection lors de la dernière Messe critique organisée par... Au début, quand on m'appelait "Goya", j'ai dit "Les ménines", c'est-à-dire si j'étais loin (en fait, c'est Velázquez), c'est parce que je ne sais rien de Goya et de sa vie que j'ai senti le résumé de l'éditeur comme un gros spoiler sur mon visage : "Amoureux inassable (aime les femmes et, en secret, un homme)" Maldito. La partie "aime un homme" m'aurait pris par surprise, stupéfait, et j'aurais pu mieux imaginer le choc de votre fils quand je l'ai découvert, si je ne l'avais pas lu depuis le début. Boo. Ce n'est pas bon de gâcher une folie (oui, peut-être que tout le monde le sait - mais je ne le savais pas !) qu'à part ça, j'étais fasciné par ce roman. La pluralité des voix fonctionne très bien, et nous découvrons les mêmes faits racontés de différents points de vue. Quelle merveilleuse façon d'enrichir encore la complexité de la relation parent-enfant ! Entre malentendus et maladresse, haine et piété, se tisse le tissu de la tromperie mutuelle et inexorable. Etre Javier Goya, c'est vivre écrasé par l'ombre d'un père immense, d'un génie colossal qui ne laisse aucune place autour de lui. Comment s'épanouir, quoi être, quoi devenir, qui être, quand on ne vous a permis de peindre que comme un moyen, condamné à être dominé par le talent établi qui vous a précédé ? Il le déteste, mais il ne peut s'empêcher d'en demander l'approbation, prenant très mal tous les commentaires acerbes. Javier allait devenir "Goya ou rien"... il ne préférait rien. Il n'y a aucun moyen de lui en vouloir. Il évite la confrontation et dort... pendant un certain temps... L'histoire de cette relation est, à mon avis, le plus grand succès de ce roman. Parfaitement représenté et très crédible, il m'a complètement pris dans le ventre : j'ai été aussi ému par l'angoisse de Javier que par la déception de François. L'auteur parvient à nous faire ressentir de l'empathie pour chacun de ses personnages, malgré leurs nombreux côtés détestables (l'arrogance de Francisco, la lâcheté de Javier, la superficialité de Mariano)... Mais bien sûr, il y a la peinture... Bien sûr, je regrette l'impression des peintures en noir et blanc (peut-être pour les fans de la prochaine édition de luxe collector ?) mais on peut facilement trouver les peintures en couleur sur Internet. Si on ne les connaît pas déjà, très bien. Arrêtons de continuer sur mon manque de culture maintenant ! ancré dans l'histoire, nous avons donc trouvé les photos des quatorze "Black Paintings", accompagnées d'une description impressionnante. Au début, apparemment séparé de l'intrigue (sans compter qu'il semble tomber comme un cheveu dans la soupe), un lien se forge petit à petit, de plus en plus évident, jusqu'à la fin. Quand je dis "explications", je ne veux pas dire "termes techniques bien assumés", loin de là : nous ne sommes pas dans l'analyse, mais dans l'émotionnel. Nous sommes décrits ce que les personnages représentés peuvent ressentir, ce qui s'y passe... Nous animons la scène sous nos yeux. J'ai adoré, donc c'est vrai, parfois c'est un peu long, le vocabulaire peut paraître un peu trop fort et ralentir la lecture... Mais quelle belle découverte ! Disons que ce n'est pas le livre que vous lirez dix pages avant d'aller au lit, ou que vous emporterez avec vous en vacances à la plage. Disons que tante Gudule ne le lit pas entre un Marc Levy et un Guillaume Musso. Disons que ce n'est pas un livre facile, mais c'est définitivement un livre fascinant. Et vous n'avez pas besoin d'avoir des connaissances en peinture pour apprécier chacune de ses pages... Merci aux éditions Noir sur Blanc et à ce petit bijou !